Jeudi 14 juin 2018

Intercéder sans céder (Amos 7,1-9)


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Nous voici entrés avec ce chapitre dans une nouvelle étape de ce livre si chatoyant: après ou avec les paroles et les nombreuses représentations déjà convoquées, apparaissent maintenant les visions du prophète, des images symboliques qui produisent une signification particulière. Des sauterelles, puis du feu et de l’étain: des réalités qui disent une réalité implacable et une force incontrôlable face à l’humain et à sa tentation de circonscrire le champ d’action de Dieu. A ces nouvelles sentences répond la voix du prophète, seul conscient de désastre imminent, qui tente de prévenir la ruine annoncée. Qu’elle est belle cette voix! Nue et fragile, comme la voix d’un enfant qui désarme les puissants (voir Ps 8), elle est la fragile musique de la prière qui se fait plus forte que la force. Qu’elle puisse nous inspirer, nous aussi, toujours à nouveau, pour oser ce cri apparemment dérisoire de la prière, assez vif pourtant pour sembler émouvoir Dieu. Qu’est-il ce cri, sinon pour nous l’indestructible lieu d’où la vie jaillit, jamais épuisé? Qu’est-il ce cri, sinon le sens d’une indissoluble solidarité avec tout ce qui est humain?

Alexandre Winter

Prière: Garde-nous, Seigneur, comme la voix des sans-voix, la force des sans-forces et comme la confiance de ceux qui ont perdu toute confiance. Notre prière peut nous sembler toute petite, mais elle est tout ce que nous avons et en l’ayant nous t’avons toi, qui n’es pas petit.  

Référence biblique : Amos 7, 1 - 9

Commentaire du 15.06.2018
Commentaire du 13.06.2018