Le rire selon M. Desmond Tutu. Cliquer sur l’image…

 

Pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément d’humour et de joie lors du ….    culte

Matthieu 11,15-19

– L’avantage d’avoir deux chœurs pour le culte, c’est qu’on n’a pas besoin de trop parler.

– C’est vrai: on n’a pas besoin de trop parler parce que la musique en dit beaucoup. Et la musique dit bien les choses, je me demande ce que nos paroles pourraient apporter de plus. Surtout que les paroles des chants permettent déjà de mettre des mots sur ce que nous vivons.

– Surtout que les paroles éclairent des facettes de notre relation à Dieu. Et ces mélodies qui portent les paroles nous permettent de les dire et de les mémoriser.

– Chez nous, on dit que chanter, c’est prier deux fois. Alors avec des musiques joyeuses ou tristes, des musiques plus rapides ou plus lentes, à l’orgue, au piano ou a capella; les possibilités ne manquent pas! Ça permet de présenter toute la gamme des émotions.

– Des mélodies qui suscitent nos différentes émotions et des paroles pour remettre tout cela à Dieu. À travers la musique, c’est notre vie elle-même qui s’exprime!

– Tu m’as l’air bien enjoué… Pourtant, je n’ai pas tellement ressenti ta vie qui s’exprime pendant les chants… Plutôt une vie qui paraissait très recueillie, assez statique.

– Mais la joie est bien là!

– Une joie intérieure alors… Très intérieure même. Et qui s’extériorise peu.  [Moment de silence, puis se tourne vers l’autre]  Hé, mais, c’est pas une critique! Et je n’étais pas plus expressif que toi. Simplement, ça me questionne.

– Ouais… Ben, tu sais: on est protestants… Un de nos cantiques l’illustre à merveille: « O Jésus, ma joie… euh… » Mais tu sais, même si cette joie est très contenue, elle est quand même présente. Cette musique ne me laisse pas insensible.

– J’aime cette musique, j’ai du plaisir à l’écouter, mais en restant où je suis. Si possible assis. La joie est là, mais je ne l’exprime pas en dansant…

– La tristesse passe aussi, mais les larmes ne coulent pas…

– C’est ça. [Puis sur un ton énergique]  Mais c ’est pas une énergique démonstration de vie ça! Alors je me demande, que faudrait-il pour que cette vie déborde, pour qu’elle s’extériorise vraiment?

– Bonne question. Surtout que c’est pareil avec ma foi. Elle est bien là, mais elle est aussi contenue que mes émotions quand j’écoute de la musique. Je sais pas comment dire… [Bref silence] Ma foi est réelle, mais j’ai l’impression qu’elle manque de réalité. Je dirais que ma foi est tellement intérieure, qu’elle déborde tellement peu que je me demande parfois si elle est vraiment là.

– C’est ça! Pourtant, dans ces moments, je me dis que le fait que je me pose la question est déjà le signe qu’il se passe qqch en moi. Les doutes et les questions ne disparaissent pas. Et probablement qu’ils ne disparaîtront jamais complètement… Mais le plus important, c’est que la foi prend plus de place qu’eux!

– C’est pas faux, mais ça reste très intellectuel tout ça… Pour ma part, je me dis que c’est peut-être quand je ne me pose pas trop de questions que le doute diminue. D’accord, je ne danse pas, mais quand je ris à gorge déployée ou que j’ai les crampes du sourire, je ne me pose même pas la question de savoir si je suis heureux: je le suis. Quand les larmes coulent ou que j’ai juste besoin de réconfort, je ne me pose pas la question de savoir si je suis triste: je le suis.

– Et comme cette musique ne te fais ni danser ni pleurer, tu te poses des questions parce que tu n’es pas sûr de ce que tu ressens, parce que les émotions ne relèvent pas de l’évidence.

– C’est ça.

[Bref silence]  – Et pour la foi? Est-ce qu’il y a des moments où le doute prend moins de place?

– Dans les moments de méditation quand soudain un passage biblique vient faire écho à ce que je vis, ou alors les moments où je suis saisi d’émerveillement, par exemple dans la nature ou quand je rencontre une personne qui m’apporte vraiment qqch… Mais je remarque que ce sont plutôt des instants en fait.

– Et entre ces instants? Il y a qqch ou c’est le désert?

– Je continue à prier, je continue à lire la Bible, je continue à vivre et rencontrer des gens. Au fond, cette persévérance de tous les jours prépare ces instants où la foi relève de l’évidence. Tu ne te dis pas ça aussi?

[Enchaîne rapidement] – Oui, c’est vrai. Et ce sont ces moments d’évidence comme tu dis qui m’encouragent à continuer à prier et lire la Bible. Ça forme un tout.

– Et tu sais, je me dis cette préparation peut aussi nous aider pour la musique.

– Comment ça?

– Si on apprenait à danser et si on apprenait à exprimer ses émotions, on serait moins statiques en écoutant la musique.

– Apprendre, se préparer… Ça ne donne pas vraiment une impression de spontanéité tout ça!

– À mon avis, ça peut être très authentique même si ce n’est pas complètement spontané. On ressent spontanément les émotions, mais la réalité est qu’on apprend comment les exprimer, comment les partager. Regarde l’enfant qui saisit ce qu’il désire, que ce soit un objet ou une personne; c’est en grandissant qu’il apprend à communiquer ses émotions. Du moins j’espère!

– Mmmh… D’accord. Mettons ça au niveau de la foi… Je vois bien la part de l’humain, mais… et Dieu là-dedans?

– Dieu se laisse rencontrer et la rencontre avec lui, ça se prépare. Tu peux attendre passivement qu’il se passe qqch, ou alors tu peux te préparer à ce que ça arrive. Je repense à un ami ornithologue. Il me disait que sa patience et son silence ne changent pas la présence ou l’absence des oiseaux. Mais s’il est bruyant et n’attend pas, il est sûr de ne pas en voir.

– Voilà qui me permet de faire un lien avec ma foi! Dans les évangiles, Jésus nous invite avant tout à assumer notre condition humaine. Et c’est bien dans cette existence qu’il vient nous rejoindre. Alors je me dis que le meilleur moyen de vivre ma foi, c’est d’assumer pleinement le fait que je sois un homme ou une femme, quel que soit mon âge… Continuer la préparation, mais en vivant pleinement les joies et les difficultés que je rencontre. Le meilleur moyen de me laisser trouver par Dieu, c’est finalement de vivre pleinement.

– J’aime bien. Plus qu’à le vivre. Bon, on peut aller se rasseoir… et profiter de la musique. [Bref silence, puis sur un ton énergique] Et ensuite, on pourra manger et boire!

– Ah, nous y voilà… Mais raisonnablement pour le vin!

[Sur un ton autoritaire] – Et revoilà la morale! Comme si participer à une fête signifiait forcément être un glouton doublé d’un ivrogne… J’ai du travail demain, je ne vais pas me mettre mal aujourd’hui! Mais ça ne m’empêchera de prendre un deuxième verre après le premier. Après tout, cette fête n’est-elle pas aussi l’occasion de se laisser rencontrer par Dieu?

– C’est vrai… Et les prochains jours sans fête seront encore une occasion de nous laisser rencontrer. Arrêtons-nous là; les prolongations retardent la suite de la fête.

– Là, je ne peux que dire: Amen!

« Rire, c’est bon pour la santé ». M. Johann Schneider Ammann. Cliquer sur l’image…